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Freud et les archéologues : Un trouble de mémoire sur l'Acropole

mercredi 15 septembre 2004, par Psy désir (br)

 

- Freud et les archéologues : Un trouble de mémoire sur l’Acropole -

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- Les pierres et les mots : Freud et les archéologues
Jean-Paul Demoule

« Cet homme a trouvé son bonheur en découvrant le trésor de Priam, tant il est vrai que la réalisation d’un désir infantile est seule capable d’engendrer le bonheur. » Ainsi écrivait à Wilhelm Fliess, le 28 mai 1899, Siegmund Freud âgé de quarante-trois ans, à propos d’Heinrich Schliemann, tandis qu’il rédigeait l’Interprétation des rêves

Schliemann a accompli son désir d’enfant, retrouver Troie et ses trésors ; fils d’un père ruiné et humilié, Schliemann est devenu riche et célèbre ; archéologue amateur, Schliemann a prouvé au monde académique, et contre lui, que les récits de la Guerre de Troie, ceux que racontait son père, étaient réels.

Au cours de L’interprétation des rêves, Freud analyse l’un de ses propres rêves, où il s’était vu transporté dans une maison de bois, en fait, un cercueil. Quelques mois auparavant, il avait visité une tombe étrusque récemment découverte et contenant les squelettes de deux hommes adultes : le rêve venait rappeler que, désormais adulte à son tour, il lui fallait se hâter pour accomplir la tâche qui arracherait son nom à l’oubli - et rédiger son premier livre.
Deux ans avant sa mort, l’analyse de son « trouble de mémoire » lors de sa montée à l’Acropole en 1904 répond à ce désir : quelque culpabilité qu’il en eût, ce fils d’un père modeste a réussi son ascension.

www.tribunes.com/tribune/alliage/52/Demoule_52.htm

- Un trouble de mémoire sur l’Acropole
Sigmund Freud Lettre à Romain Rolland 1936

Tout se passe comme si le principal, dans le succès, était d’aller plus loin que le père, et comme s’il était toujours interdit que le père fût surpassé.

A ces motivations générales s’ajoute dans notre cas un facteur particulier : c’est que les thèmes d’Athènes et de l’Acropole contiennent en eux-mêmes une allusion à la supériorité des fils. Notre père avait été négociant, il n’avait pas fait d’études secondaires, Athènes ne signifiait pas grand-chose pour lui. Ainsi, ce qui nous empêchait de jouir de notre voyage était un sentiment de piété. Maintenant vous ne vous étonnerez plus que le souvenir de cet incident sur l’Acropole revienne si souvent me hanter depuis que je suis vieux moi-même, que j’ai besoin d’indulgence et que je ne puis plus voyager.

www.megapsy.com/Textes/Freud/biblio103.htm